Un agent demande le justificatif de réservation de la course en cours. Il souhaite ensuite rapprocher cette réservation d’une facture, d’un paiement électronique et de l’identité de l’exploitant inscrit au REVTC. Le document existe, mais il est dans une ancienne boîte mail ; le relevé de plateforme n’est disponible que depuis un compte détenu par un collaborateur ; personne ne sait exactement qui possède les accès au registre.
Au 18 août 2026, ce scénario résume les trois contrôles utiles à mener sans attendre : le justificatif de réservation, la chaîne de preuves de course et l’usage de l’inscription au REVTC. Le cadre antifraude adopté en 2026 renforce les possibilités de contrôle, mais il ne dispense pas de distinguer les obligations confirmées des interprétations encore incertaines.
Pour distinguer les règles déjà applicables des vérifications différées, consultez le dossier complet sur la loi antifraude VTC 2026.
Pour replacer ces contrôles dans un calendrier plus large, consultez aussi les changements VTC 2026 à intégrer dans ses routines : le dossier distingue les actions datées des simples points de veille.
1. Ouvrir et contrôler le justificatif de réservation réellement utilisé
Ce qui est confirmé : une course VTC doit être précédée d’une réservation pouvant être justifiée. L’arrêté du 6 août 2025 fixe les informations attendues sur le support papier ou électronique : nom ou dénomination et coordonnées de l’exploitant, numéro d’inscription au REVTC, numéro unique d’identification, identité et téléphone du client demandeur, date et heure de la réservation, date et heure de prise en charge souhaitées, ainsi que lieu de prise en charge indiqué par le client.
Le risque pratique n’est pas seulement l’absence totale de document. Un modèle ancien peut contenir le nom du passager et l’adresse de départ tout en omettant l’heure de réservation, l’identifiant de l’exploitant ou le numéro REVTC. Une confirmation commerciale, un agenda ou une conversation par messagerie ne remplace pas automatiquement le justificatif comportant les informations prévues.
Action de la semaine : auditez cinq courses directes récentes, choisies dans des situations différentes : client particulier, entreprise, hôtel ou concierge, réservation modifiée et commande pour un tiers. Pour chacune, ouvrez le document depuis le téléphone réellement utilisé en service et cochez les informations réglementaires. Vérifiez aussi qu’il reste accessible en cas de connexion dégradée. Si le modèle est incomplet, corrigez sa génération et testez une nouvelle réservation avant de considérer l’action comme terminée.
Ce qui dépend de l’organisation : le format, l’outil d’envoi, la procédure de modification et le mode d’archivage. Le texte autorise un support papier ou électronique ; il ne transforme pas pour autant n’importe quelle confirmation en preuve suffisante.
2. Reconstituer la chaîne de preuves d’une course
Ce qui est confirmé : les mesures de 2026 renforcent la capacité des agents à obtenir des copies ou extraits des pièces justifiant l’activité. Les sources institutionnelles citent notamment les factures, comptes de liquidation et justificatifs de paiements reçus par voie électronique. Le bon réflexe consiste donc à raisonner en chaîne plutôt qu’en fichiers isolés.
Pour une course donnée, il doit être possible de rapprocher la réservation, la réalisation de la prestation, la facturation et le règlement. Une capture d’écran sans date ni référence ne démontre pas nécessairement ce rapprochement. De même, un relevé mensuel de plateforme ne suffit pas toujours à retrouver rapidement une course précise si les références utilisées diffèrent entre l’application, la facture et la comptabilité.
Action de la semaine : sélectionnez une course directe, une course passée par une plateforme et, si votre exploitation en utilise, une course réalisée pour un client professionnel. Exportez pour chacune un mini-dossier comprenant le justificatif de réservation, la facture ou pièce correspondante, le relevé de liquidation éventuel et la trace du paiement. Demandez ensuite à une autre personne autorisée de retrouver ce dossier à partir de la date et du nom du client, sans explication orale.
Contrôlez en parallèle trois réglages : emplacement de sauvegarde, droits d’accès et procédure d’export. Un document visible aujourd’hui dans une application peut devenir difficile à produire après la fermeture d’un compte ou le départ d’un collaborateur. L’objectif n’est pas d’accumuler toutes les données sans limite, mais de disposer d’une procédure documentée, proportionnée et testée.
Ce qui reste à préciser : les modalités détaillées peuvent évoluer selon les procédures administratives et les autorités compétentes. Les sources examinées ne fixent pas une méthode universelle de classement pour toutes les entreprises VTC. Il faut donc conserver les pièces justifiant réellement votre activité et faire valider les questions sensibles de conservation par le professionnel compétent.
3. Vérifier qui exploite l’inscription au REVTC et qui possède les accès
Ce qui est confirmé : les mesures adoptées en 2026 interdisent de mettre une inscription au REVTC à la disposition d’un tiers, que cette mise à disposition soit gratuite ou payante. Ce point vise directement les organisations dans lesquelles une entreprise ou une personne inscrite sert de simple support à une activité exploitée par d’autres.
Il ne faut pas confondre cette interdiction avec le fonctionnement normal d’une entreprise employant ou organisant plusieurs conducteurs. La présence de plusieurs chauffeurs ne constitue pas, à elle seule, une mise à disposition interdite. En revanche, l’exploitant doit pouvoir expliquer la relation avec chaque conducteur, le véhicule utilisé, la facturation, les encaissements et les responsabilités effectives.
Action de la semaine : établissez une matrice d’accès sur une page. Inscrivez le titulaire de l’inscription, les personnes ayant accès au compte REVTC, celles pouvant modifier les informations, les conducteurs rattachés à l’exploitation et la pièce qui justifie chaque relation. Retirez les anciens accès, changez les identifiants partagés et conservez une trace datée de cette revue. Rapprochez ensuite la dénomination, le numéro d’identification et le numéro REVTC figurant sur vos justificatifs avec les informations actuellement utilisées pour facturer et encaisser.
Profitez de cette revue pour contrôler la cohérence de vos déclarations existantes, sans inventer une nouvelle formalité. Au 18 août 2026, les sources consultées ne permettent pas d’affirmer qu’une déclaration générique supplémentaire ou qu’un dispositif de géolocalisation propre à tous les VTC serait déjà imposé par ce cadre antifraude. Les éventuelles précisions réglementaires concernant les plateformes ou les procédures de contrôle devront être vérifiées lors de leur publication.
La décision à prendre vendredi
Classez les résultats dans trois colonnes : preuve disponible, écart à corriger et question à faire confirmer. Les trois points déjà opérationnels sont la disponibilité du justificatif de réservation, la capacité à produire les pièces justifiant les courses et l’absence de mise à disposition de l’inscription REVTC à un tiers.
Ne transformez pas les incertitudes sur de futurs textes en réorganisation précipitée. Créez plutôt une veille datée pour les procédures de contrôle, les éventuelles règles complémentaires applicables aux plateformes et les précisions administratives. Cette revue réduit le risque documentaire ; elle ne constitue pas une garantie de conformité juridique.
Sources vérifiées le 18 août 2026
- Légifrance — arrêté du 6 août 2025 relatif au justificatif de réservation préalable.
- Ministère chargé des Transports — mesures de lutte contre les fraudes sociales et fiscales.
- Sénat — présentation du cadre de lutte contre les fraudes.
- Sénat — étude d’impact.
- Village de la Justice — analyse de la mise à disposition des inscriptions REVTC.
